À la suite du dernier conseil municipal, durant lequel le public n’était pas autorisé à prendre la parole, la municipalité de Lignan a organisé une réunion publique consacrée à la situation financière laissée par l’ancienne équipe municipale. Devant de nombreux habitants, les élus en place ont présenté un état des lieux qu’ils qualifient de préoccupant.
En ouverture de la réunion, la majorité municipale a regretté l’absence des élus d’opposition, aussi bien lors du conseil municipal que lors de cette rencontre publique. « La démocratie connaît des moments de confrontation et d’explication qu’il est dommage d’ignorer », a déclaré un élu, dénonçant une opposition qui, selon lui, privilégierait « quelques publications sur Facebook » au débat public.
345 000 euros de factures impayées
La municipalité affirme avoir découvert, à son arrivée, une liste de factures impayées remontant jusqu’à octobre 2025, pour un montant total de 345 000 euros. Selon les élus, cette situation aurait fortement dégradé les relations entre la commune et plusieurs fournisseurs.


« La commune est désormais perçue comme un mauvais payeur par de nombreux prestataires », a indiqué la majorité, affirmant même qu’un commerce de proximité refuserait désormais de travailler avec la mairie.
Une ligne de trésorerie de 200 000 euros contractée avant la transition
Les élus ont également dénoncé la souscription, par l’ancienne municipalité, d’une ligne de trésorerie de 200 000 euros auprès du Crédit Agricole en mars 2026.
Selon la nouvelle équipe, cette somme aurait été « immédiatement dépensée », tout en devant être remboursée dans un délai d’un an.
La majorité estime que ce recours à l’emprunt de court terme accentue davantage la fragilité financière de la commune, en y ajoutant intérêts et frais bancaires. ( total 206 000 € )
Un compte financier contesté
Autre point majeur soulevé lors de la réunion : le Compte Financier Unique (CFU) 2025, document comptable obligatoire préalable au vote du budget.
La municipalité affirme que ce document présentait un équilibre artificiel grâce à l’intégration d’une vente de terrain estimée à 300 000 euros, vente qui n’aurait jamais été réalisée.
« Aucun compromis, aucun acte de vente n’existe », a affirmé la majorité, estimant que ce compte financier n’était « pas sincère ».

Des irrégularités signalées à la préfecture et à la justice
La municipalité affirme également avoir relevé une autre anomalie : le CFU mentionnerait un vote du conseil municipal en date du 17 mars 2026, réunion qui, selon les élus actuels, n’aurait jamais eu lieu.

Face à ces éléments, la commune dit avoir alerté les services de l’État.
Selon la majorité, la préfecture aurait invalidé le CFU présenté par l’ancienne équipe et signalé les faits au procureur de la République.
La municipalité indique également avoir saisi elle-même la justice sur le fondement de l’article 40 du Code de procédure pénale.
« Transparence, pas règlement de comptes »
Les élus ont insisté sur le fait que cette réunion publique n’avait pas vocation à alimenter une polémique politique.
« Il ne s’agit ni de plainte ni de vengeance. Notre objectif est de donner en toute transparence les éléments permettant de comprendre la situation financière actuelle de la commune », a expliqué la majorité.
La réunion s’est conclue par une séance de questions-réponses avec les habitants. La municipalité a annoncé que d’autres réunions publiques seraient organisées prochainement sur d’autres thématiques.
Quelques questions réponses avec les citoyens.
À l’issue de la présentation des révélations financières, plusieurs échanges ont animé la séance de questions-réponses entre habitants et municipalité. Hormis l’inquiétude d’un risque de mise sous tutel, les questions se suivaient.
Un riverain a notamment soulevé la question du niveau de responsabilité du directeur général des services dans cette gestion jugée défaillante, rappelant que ce dernier avait quitté la salle à la fin du conseil municipal .
Une interrogation restée sans réponse de la part de l’exécutif.
Un autre habitant, préoccupé par l’état des finances communales, a demandé si une hausse des taxes locales pourrait être envisagée, ce que la municipalité a fermement écarté.
Enfin, interrogée sur la restauration du CAC, Madame le Maire a indiqué vouloir d’abord effacer les tags présents sur les murs unanimement voté par les citoyens à main levé.
Un comité citoyen “Autour du CAC”, déjà en cours de formation, devrait ainsi être constitué dans les prochains jours afin de mobiliser artisans et habitants pour participer, dans un esprit convivial, à la remise en peinture du site.
Ces échanges ont témoigné d’une réelle volonté des Lignanais de s’impliquer aux côtés de la municipalité pour contribuer au redressement et au renouveau du village. Ensemble, nous y arriverons !

